Freitag, 16. Dezember 2011

Nomination de Ragip Zarakolu au Prix Martin Ennals


Publié le : 14-11-2011
Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Lundi 7 novembre 2011, Ragip Zarakolu a été nominé au prestigieux Prix Martin Ennals pour les défenseurs des Droits de l’Homme. Ragip Zarakolu", éditeur, journaliste, militant des droits de l'homme en Turquie, arrêté à Istanbul le vendredi 28 octobre 2011 avec la sociologue Busra Ersanli, inculpé comme elle le mardi 1er novembre 2011 d'«appartenance à un groupe terroriste armé», est actuellement incarcéré dans la prison de haute sécurité de Metris. L’objectif du Prix Martin Ennals Award pour les défenseurs des Droits de l’Homme est d’étendre la reconnaissance et une publicité protectrice à ceux qui sont actuellement engagés dans la promotion et la protection des droits de l’homme. L’objectif du Prix est d’encourager les individus, et exceptionnellement les organisations, travaillant pour les droits des personnes vivant dans des conditions hostiles à leurs droits fondamentaux et qui ont besoin de protection. Une attention spéciale est donnée à ceux qui ont mené des actions énergiques dans la lutte contre les violations des droits humains par des moyens courageux et innovateurs. La sélection du lauréat est effectuée par le Jury de la Fondation Martin Ennals. L’annonce des nominés a lieu à la mi-mars et celle des lauréats début mai. L’annonce du nom lauréat est faite par Tove Skutnabb-Kangas ; les trois membres du jury sont le professeur Shelley Taylor, Université de Western Ontario, Canada, le professeur émérite Robert Phillipson, Copenhagen Business School, Danemark, et Søren Søndergaard, membre du Parlement européen.



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Information concernant le candidat :

1- Nom du candidat : Ragip Zarakolu
2- Adresse
3- Tél
4- Fax
5- Email : rzarakolu@aol.com
6- Lieu et date de naissance : Büyükada, Turquie, 1948
7- Nationalité : turque
8- H/F : homme

Autres informations personnelles concernant le candidat (max 100 mots) :

Ragıp Zarakolu, directeur de Belge Publishing House, célèbre défenseur des droits de l’homme en Turquie, a été de nouveau arrêté le 28 octobre 2011 (en détention à la prison de haute sécurité Metris depuis le 6 novembre 2011), (et son fils Deniz Zarakolu en détention depuis le 4 octobre), accusé d’appartenance à une organisation terroriste illégale. Zarakolu se bat pour la liberté d’expression en Turquie depuis plus de 30 ans. En raison de son militantisme pour les droits humains, il a été persécuté par les autorités turques et les groupes conservateurs, et même emprisonné ; il a subi de lourdes amendes, interdiction et destruction des publications (et de sa maison d’édition) ; et une interdiction de quitter le pays.

Courte description factuelle des activités récentes du candidat (max 200 mots) :

Ragip Zarakolu est le directeur de Belge International Publishing House. Lui-même et sa femme A. ont publié de nombreux livres sur l’oppression des minorités en Turquie, en particulier les Kurdes, et sur le génocide arménien. Au début, et jusqu’en 1980, Belge publiait principalement des ouvrages académiques et théoriques ; depuis, il a aussi publié des livres écrits par des prisonniers politiques, des romans etc. En raison de ses activités en matière de défense des droits de l’homme, plus de 50 procès lui ont été intentés. Il a passé plus de deux ans en prison, souvent en cellule d’isolement.
Deux exemples récents : en novembre 2009, au fondement de l’article 7/2 de la Loi turque anti-terrorisme, des peines de prison ont été requises contre lui et l’écrivain N. Mehmet Güler. Le procureur général d’Istanbul, Hikmet Usta, a basé son verdict du 22 mai 2009 sur le dialogue d’un personnage du roman de Güler : Des décisions plus difficiles que la mort (Ölümden Zor Kararlar), publié par les éditions Belge (voir Appendix 1). Le 10 mars 2011, Zarakolu a de nouveau été condamné à une forte amende (16°660 livres turques, 8°330 euros) et Güler à 15 mois de prison avec sursis. Ils ont été accusés d’avoir diffusé de la propagande en soutien au parti illégal des travailleurs du Kurdistan (PKK), suite à la publication du livre de Güler : Le dossier KCK /L’État global et les Kurdes sans État. (voir ici)

Raisons pour lesquelles le candidat mérite le Prix (max 600 mots) :

Tout au long de sa vie d’adulte, Ragip Zarakolu a été confronté à de nombreux procès longs et coûteux, mais il a refusé d’abandonner ses campagnes pour la liberté de pensée et la liberté d’expression.

Zarakolu a fondé sa maison d’édition Belge en 1977 à Istanbul avec sa femme Aysenur. Depuis lors, Belge a été la cible de la censure turque et des lois anti-terrorisme. Les Zarakolu ont subi un harcèlement juridique grave de la part des autorités turques, avec des accusations qui sont constamment en violation des droits de l’homme (de nouveau, le rapport annuel de 2010 de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a souligné que la Turquie est de loin, le pays qui viole le plus les droits de l’homme, parmi les pays signataires de la Convention européenne des droits de l’homme.)

Le travail de Zarakolu a eu de graves conséquences sur sa vie personnelle .Déjà en 1971, quand une junte militaire a pris le pouvoir, Zarakolu a été poursuivi pour relations clandestines avec Amnesty International, et il a passé cinq mois en prison avant que les charges contre lui ne soient abandonnées. En 1972, Zarakolu a été condamné à deux ans de prison pour son article paru dans le journal Ant (Le serment) sur Ho Chi Minh et la guerre du Vietnam, puis il a été relâché en 1974 à la faveur d’une amnistie générale. Les Zarakolu ont constamment été surveillés après le coup militaire de 1980, leur téléphone mis sur écoute etc. Bien d’autres éditeurs, incapables de subir cette pression, ont fermé leurs maisons d’éditions et leurs librairies ; certains ont même brûlé des livres dans leurs propres maisons. Mais les Zarakolu ont continué de publier, en dépit des arrestations, et bien que sa femme ait été torturée. En 1995, le siège de Belge a subi un attentat à la bombe, commis par un groupe d’extrême droite, obligeant les éditions à s’installer dans une cave. Leurs fils a été arrêté pour l’oraison funèbre qu’il a prononcée aux obsèques de sa mère en 2002. Le temps passé en prison et dans les tribunaux, la confiscation et la destruction des livres, les lourdes amendes etc. ont également mis en danger la survie de Belge – et pourtant Zarakolu a continué.

Afin de démontrer la détermination et le courage de Zarakolu de poursuivre ses activités de défense des droits de l’homme, des condamnations récentes (en plus des deux précédemment citées) sont résumées ici (il y en a bien plus) :
Le 28 octobre 2011 , lors d’une vaste chasse à l’homme à Istanbul, contre les militants des droits de l’homme et des Kurdes, Zarakolu a de nouveau été arrêté.

En juin 2008 , Zarakolu a été déclaré coupable pour "insulte aux institutions de la République de Turquie" au fondement de l’article 301 du Code pénal turc, car il avait traduit et publié un livre sur le génocide arménien, La vérité nous délivrera, de l’auteur britannique George Jerjian. Il a été condamné à cinq mois de prison. Cependant, le juge, arguant du “bon comportement” de Zarakolu, a déclaré que l’auteur pouvait éviter la prison en payant une amende. En juin 2005 , Zarakolu a été inculpé pour la traduction en turc du livre du professeur Dora Sakayan, intitulé Un médecin arménien en Turquie : G. Hatcherian : mon épreuve à Smyrne en 1922 , Montréal 1997. Le 10 septembre 2004, la 14e chambre de la cour d’assise d’Istanbul a confirmé la plainte contre Zarakolu, propriétaire du journal Ülkede Özgür Gündem, en raison d’un article intitulé Sana N e (What’s that to you) publié le 8 mars 2003 ; le procès de Zarakolu était distinct de celui de l’éditeur en chef et les audiences se sont tenues en mars, mai, septembre et octobre 2005. Cela montre une partie du harcèlement financier, mais qui prend aussi beaucoup de temps, que le candidat a subi. Le 3 décembre 2003 la Cour d’Istanbul SSC a acquitté Zarakolu des accusations au fondement de l’article 312 du Code pénal turc. Le procès avait été intenté pour la traduction du livre The Regime of 12 September on Trial, écrit par le Dr. Gazi Çağlar de l’Université d’Hanovre.

Le Prix, et la publicité internationale et la reconnaissance qui en découleraient, aiderait certainement Zarakolu à continuer son combat pour la liberté d'expression, particulièrement sa promotion des droits des minorités (incluant spécifiquement les Kurdes et les Assyriens) et sa quête de vérité et de justice.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 9 novembre 2011 –10:00 – www.collectifvan.org


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Nomination de Ragip Zarakolu au Prix Martin Ennals et sa Biographie

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